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Pastorales et Béarn
Pastorales en Béarn à travers les siècles
A l’origine, il y a es Mystères et les Miracles que les clercs jouent au XIVe siècle dans les églises, puis les laïcs sur les parvis. Cela dure jusqu’à ce que la Réforme mette un terme à ces spectacles jugés profanatoires, imitée d’ailleurs par la contre-réforme par un édit royal d’interdiction en 1548. Vient la Renaissance qui ouvre de nouveaux horizons. Tout ce qui est antique est à la mode. Théocrite et Virgile, qui ont exalté la vie pastorale et bucolique avec ses bergers et ses dieux, sont mis au goût du jour.
Les premières Pastorales apparaissent un peu partout en France, appelées Mystères en Bretagne, Noëls ou Miracles en Provence, Pastorales en Gascogne et en Soule. L’Orthézien Louis Batcave, le Lescarien Jean-Henri de Fondeville, le Gersois Yan de Garrot entr’autres écrivent des livrets inspirés d’almanachs de colporteurs qu’ils vendent aux « reyents » pastoraliers, lesquels ne manquent pas d’acteurs pour monter sur les planches.
C’est que jouer une Pastorale dans un bourg ou un village est une consécration.
Il faut savoir que les villageois, quelle que soit leur classe sociale, sont choisis d’abord pour leur prestance et leur voix. Pas plus que le public, ils ne connaissent le français et des jouent des choses comme «Les quatre frères Aymon», «Charlemagne», «Geneviève de Brabant» et autres œuvres à la gloire de personnages historiques. Ici, nous sommes dans le baroque, le prétexte passe avant le texte.
Seuls les hommes ont le droit de jouer y compris les rôles féminins.
A l’image du théâtre antique, les va et vient se succèdent sur la scène et les figurants ne sont pas moins fiers que les premiers rôles, comédiens se passant les fonctions de père en fils. Si tout cela passe souvent par-dessus la tête du peuple, les voyageurs et journalistes amateurs d’exotisme rustique prisent ce genre de manifestation.les vers immuablement de huit pieds s’égrènent parfois jusqu’à 6h d’affilée (panier repas recommandé !), interrompus seulement par des intermèdes musicaux joués par les musiciens du cru.
Les notables ont l’indigne honneur de s’asseoir sur la scène. Quelquefois l’abus de vin et la chaleur poussent à l’énervement, comme en témoignent les rapports de police ou de gendarmerie de l’époque. A l’exemple de Bénac en Bigorre où les femmes du village se révoltèrent parce qu’on voulait leur faire payer l’entrée du spectacle.
On vit à Orthez une pastorale interdite car le sujet ne plaisait pas aux catholiques de l’endroit. De Noël à Quasimodo (premier dimanche après Pâques), on jouait les pastorales avec en intermède les asoulades et charivaris de Carnaval.
Arrivait alors la saison des travaux de la terre et les costumes de la Pastorale étaient rangés dans les armoires. |
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